Foire aux questions

Les questions que vous nous avez posées….

1- Quelle différence entre achat en euros et achat en MLC ?

Pas évident en effet de comprendre en quoi un achat en monnaie locale va produire un effet différent du même achat en euros… La relocalisation du pouvoir d’achat est une des notions-clé pour  expliquer ce mécanisme. Concrètement on peut décrire cet effet levier ainsi :

Si vous décidez de dépenser 100 MLC dans un commerce du réseau, vous êtes assuré que 100% de cette somme va continuer de circuler ici : elle va payer une facture chez un fournisseur, un part de salaire de l’employé, une part de la rémunération du commerçant… et continuer de passer d’un porte-monnaie à l’autre, d’autant plus vite que ce n’est pas une monnaie qu’on peut épargner ou valoriser sur les marchés financiers. Du coup, le consommateur sait qu’en payant avec cette monnaie, la valeur de ses achats reste utilisée à des échanges réels et locaux.

Autre effet bénéfique : quand vous changez 100 euros en MLC. Les 100 euros restent en garantie à la banque. Mais si cette somme est bloquée, elle autorise par ailleurs la banque dépositaire à prêter 900 euros. Comme nous aurons passé des conventions avec la banque pour orienter ces prêts vers les projets locaux et innovants, quand le consommateur change 100 euros, sans que cela lui coûte rien, il contribue à financer des entreprises locales.

Encore un effet induit : lorsque des professionnels acceptent le paiement en monnaie locale, ils vont bien sûr chercher à les dépenser ensuite chez d’autres pros du réseau. Près d’un tiers (au sein des monnaies locales existantes) ont découvert alors des entreprises locales qui correspondent aux biens ou services dont ils ont besoin et décident de travailler avec elles . Ça permet donc de faire davantage travailler les entreprises locales (avec à la clé, moins de transports et d’énergie dépensée).

2 – Une monnaie locale, n’est-ce pas un démarche un peu protectionniste ?!

L’intitulé complet, c’est monnaie locale complémentaire citoyenne. Le complémentaire est important pour souligner que la MLC ne remplace pas l’euro, qui reste utile pour toutes les transaction à l’échelle du pays et le commerce international.  De plus, si cette monnaie est locale, ce n’est pas avec l’objectif de se protéger de l’extérieur ou d’interdire l’accès de marchandises produites ou transformées ailleurs. Souvent, les biens et les services disponibles sur le territoire sont sous-utilisés ou vont s’exporter bien loin, car les professionnels ou les consommateurs locaux qui pourraient en avoir besoin ne connaissent pas ce fournisseur et vont  chercher plus loin ce qui est disponible à deux pas de chez eux. C’est du bon sens, un gain de temps et d’énergie (y compris pétrole puisqu’on réduit les déplacements). Une monnaie locale favorise la mise en place de filières courtes de production/consommation. Et bien sûr, si nos professionnels locaux ont davantage de débouchés locaux, ils auront moins de temps pour travailler avec des entreprises situées sur des territoires éloignés. Ce qui laissera la place dans ces territoires à des professionnels du cru. Au lieu d’être dans une démarche de concurrence, on encourage une  la complémentarité.

Côté consommateur, c’est aussi cette logique de coopération qui prime : si je privilégie l’achat en MLC d’un produit ou service local, je sais que je vais contribuer à soutenir toute une chaîne solidaire d’activités. Elles-même contribuent au maintien de mon cadre de vie : maintien de commerces et de professions libérales pour garder des villages animés et une offre de services, maintien d’agriculteurs qui sont des acteurs de la qualité des paysages, etc…

Le mot citoyen qui est dans l’intitulé est aussi important : il signifie que les contours de cette monnaie, ses modalités de circulation sont choisis par les citoyens eux-mêmes. Les décisions sont collectives et répondent à des valeurs, notamment celles de servir l’intérêt général, d’être respectueux des ressources, de la nature et des personnes. C’est donc bien une démarche d’ouverture et d’équité, que d’accorder de la valeur au bien commun que sont les patrimoines, les paysages, la vie des village, l’environnement, la qualité de vie des habitants, grâce à cet outil monnaie locale.

Pour le professionnel, la taxe de reconversion de 5%, + une adhésion ça fait beaucoup !…

Ce n’est que 5% de la partie de votre chiffre d’affaires en monnaie locale, et encore, seulement de la partie que vous ne parvenez pas à réutiliser. Dans les autres régions où ont cours des monnaies locales, une fois que le réseau d’entreprise s’est mis en place, les entreprises réutilisent en moyenne 75% de leur monnaie locale. Et c’est une moyenne, qui comprend ceux qui viennent de rentrer.  Ceux qui sont depuis longtemps dans le réseau réutilisent entre 80% et 100% de leur monnaie locale, donc ne paient aucun frais.

Si vous encaissez 1 000 MLC par mois et que vous en reconvertissez 250 (que vous n’aurez pas pu utiliser dans le réseau), vous aurez une perte de 12,50 €. Pour ce montant-là, vous bénéficiez à l’année d’une communication auprès d’un milliers de consommateur, vous fidélisez votre clientèle, vous affichez votre contribution au maintien de l’activité locale dont vous avez aussi besoin pour la bonne santé de votre commerce. C’est une contribution dans un esprit de coopération et de solidarité entre professionnels et habitants qui reste très modeste.

 

Est-ce que le client perd de l’argent quand il n’a pas l’appoint ?

Non. Si vous voulez régler un achat d’un produit qui coûte 9,80 euros, vous donnez 9 en MLC et quatre-vingt centimes en euros. C’est une habitude à retrouver d’avoir toujours un peu de liquide sur soi pour pouvoir faire l’appoint.

 

Pourquoi n’y a–il que des billets et pas de version électronique  ?

La version électronique sera étudiée dans un deuxième temps. D’abord parce que les outils pour dématérialiser les paiements ont un coût à l’investissement beaucoup plus élevé que les billets. Et aussi parce que le billet à une vertu pédagogique bien plus forte : il est plus facile d’expliquer la logique de circuit court locaux, de priorités données aux transactions qui portent sur des biens et services réels, quand justement l’outil de cette transaction est lui aussi bien réel, visible lorsqu’on paye dans un commerce.

Mais il est vrai que les facilités offertes par les versions numériques (faire l’appoint facilement, recharger son compte en ligne, transactions entre professionnels) nous amèneront très vite à étudier les possibilité de déploiement sous cette forme.